Alexandre Pineau

Artiste Peintre (1893-1970)

Du 8 au 17 Avril 2010, Alexandre Pineau exposé à Paris

La galerie Terre des Arts présente Alexandre Pineau du 8 au 17 Avril 2010.

Ouvert du Lundi au Vendredi de 10H30 à 12H30 et de 14H à 19H30

Ouvert le Samedi et le Dimanche de 14H à 19H30

Vernissage le 8 Avril 2010 à partir de 18H, fermeture plus tardive.

Terre des Arts

34 rue Pérignon – 75015 – PARIS

“Family Circus” allégorie de la République

Family Circus (Alexandre Pineau - 1968)

“Family Circus” peut se découvrir comme une simple scène de genre pleine de couleurs et de caractère.

Cependant, Alexandre Pineau était un homme cultivé et plein d’ironie qui mettait donc une certaine distance avec l’époque qu’il traversait. L’observateur de son oeuvre peut la parcourir de façon réjouissante en tentant de décrypter le deuxième, voire le troisième degré de l’artiste.

“Family Circus” est un exemple remarquable de l’humour du peintre et de la profondeur de son analyse de la société.

Remarquons d’abord le cœur de la toile qui apparaît, à travers les rideaux, le tapis et le pupitre comme un drapeau bleu, blanc, rouge. Observons, la petite peinture encadrée au second plan à droite qui est une reprise de “La liberté guidant le peuple” de Delacroix. Le mouvement de la femme, sa poitrine découverte, l’homme à ses pieds sont une discret rappel du chef d’oeuvre de 1830 alors que la femme sur scène prolonge l’allégorie en retrouvant les couleurs, le bonnet, la robe, la ceinture du personnage central de la peinture de Delacroix: Marianne.

Les similitudes sont légion: l’homme avec un chapeau haut de forme, les immeubles en arrière-plan. Observons que l’orateur au chapeau melon est sous un miroir ovale Louis Philippe. Pour revenir aux couleurs de la République, elles sont présentes sur le spectateur en bas à gauche de la tribune, presque comme des petits écussons sur une veste bariolée symbole de diversité politique. Enfin, le clown sous la peinture est en bleu, blanc, rouge.

Alexandre Pineau joue manifestement avec le double sens de sa création et les références explicites et implicites. Il nous propose une vision très critique de la vie politique de son époque et s’inquiète pour l’avenir de la République. Le tribun est affublé d’un singe, quel symbole! Marianne porte des gants, pour garder les mains propres? Les danseuses sont sur scène, un tableau représente un couple qui s’enlace: jugement moral sur les histoires d’alcôves de la République? Le personnage en bleu blanc rouge de dos avec la queue de pie et le haut de forme semble déséquilibré dans un début de danse avec Marianne. Les autres personnages à la tribune sont des clowns: image d’un meeting politique? La République est-elle crucifiée? Pourquoi, en effet, le tapis rouge dessine t-il le bas d’une croix prolongée par le pupitre et l’orateur?

Le peuple, au pied de la scène, observe le théâtre, le cirque politique, la grande famille politique et son spectacle permanent pendant qu’en arrière-plan quelques toits de maisons sont absorbés par de grandes tours soulignant les évolutions de la société et le changement d’époque qui s’opère dans une atmosphère nuageuse avec, cependant, la lumière à l’horizon et donc un peu d’espoir. Sur la peinture de Marianne dénaturée, il semble écrit “I Love” comme un cri du coeur de l’artiste.

La Liberté guidant le Peuple (Eugène Delacroix - 1830)

Regard d’enfant

16 Novembre 2008

L’œuvre d’Alexandre Pineau est imprégnée, débordante de son désir d’être père, de construire une famille avec des enfants. Nous savons, grâce à sa biographie, qu’il a perdu sa première femme et un jeune enfant. Remarié, il n’en n’aura pas d’autre. Le landau passe, roule, d’une œuvre à l’autre, c’est un élément récurrent qui se glisse discrètement dans le décor, qui passe pratiquement inaperçu. On le trouve presque dans une toile sur cinq, parfois comme une ébauche mais aussi souvent accompagné, à quelques pas, d’un ou deux enfants.

Ces enfants, justement, ils sont souvent présentés par deux, en bleu, en rouge ou rose pour signifier le petit garçon et la petite fille. L’archétype de la famille idéale. Ce sont les témoins de la vie qui défile devant leurs yeux : au café, à la gare, sur un chemin et bien entendu sur la place du village en particulier le jour où le cirque prend ses quartiers. Regardez comme ils observent le jongleur, le musicien ou encore le manège. C’est le regard sur la vie de cet enfant de sept ans qu’il a été et qu’il veut peut-être encore un peu rester, lauréat du concours de la Ville de Paris à l’Exposition Universelle.

Le cirque c’est aussi une famille et le lieu où les enfants peuvent sourire, rire et crier dans une atmosphère joyeuse. Ils donnent des couleurs à la toile, ils symbolisent aussi la découverte du monde. Un point de vue différent, une distance nécessaire pour passer les épreuves qui jalonnent tout parcours individuel ou collectif.

Alexandre Pineau a engendré une œuvre, il a également construit et fait vivre une famille dans ses toiles avec les scènes de la vie parisienne, de la vie de campagne ou encore de la vie privée comme Balzac dans ses romans.

Christophe Pavie – Auteur aux puf

Through the eyes of a child

November 16, 2008

Alexandre Pineau’s work is permeated by his dreams of fatherhood, his desire to start a family and have children. According to his biography, he lost his first wife and a young child. He remarried, but did not have other children. Throughout his work, he regularly pictures a baby carriage, rolling by discreetly, almost unnoticed. You can see a carriage in nearly one out of five paintings, sometimes as a mere outline, but often escorted by one or two children, a few steps away.

Children are often pictured in pairs, dressed in blue, red or pink, representing a little boy and a little girl, the epitome of the perfect family. They witness life going by before their eyes: in a café, at the train station, on the road and in the village square, especially on the day the circus sets up its tent. See how they observe the juggler, the musician or the amusement ride. This is how he saw life as a 7-year old, when he won the City of Paris competition of drawings for the Universal Exhibition, and this is the outlook he wishes to maintain on life.

The circus is also a big family and the place where children can smile, laugh and scream in a joyful environment. Children add colour to the painting, they symbolize discovering the world. They bring a different perspective, the detachment required to overcome the obstacles that line any individual or collective journey.
Alexandre Pineau created a work of art, but he also gave birth to a family and portrayed its daily life in Paris, in the countryside or at home, just as Balzac did in his novels.

Christophe Pavie, PUF writer

Alexandre Pineau à Bordeaux

La galerie Terre des Arts organise une exposition d’oeuvres de différents peintres au Régent Grand Hotel du 7 au 11 Novembre 2008. Des oeuvres d’Alexandre Pineau y sont présentées.

Salon St Emilion de 11H à 19H30 sans interruption

Vernissage le 7 Novembre à 18H30

Place de la Comédie – 33000 BORDEAUX

A la Fête des Lumières à Lyon

La galerie Terre des Arts organise à l’hotel La Cour des Loges, dans le vieux Lyon, une exposition de peintres de qualité et des toiles d’Alexandre Pineau y sont présentées.

Hotel La Cour des Loges

Salon Espace Affaires

6 rue du Boeuf – 69005 LYON

Du 29 Novembre au 8 Décembre 2008, de 11H à 19H

Vernissage le 29 Novembre à 18H30 (ouverture plus tardive)

Entrée gratuite

Alexandre Pineau exposé à la Fondation Taylor

Fondation TAYLOR
1 rue la Bruyère, 75009 Paris
Du 7 au 30 septembre 2006,
Atelier 4ème étage
De 13h à 19h sauf dimanche et lundi

La foule joyeuse des vacances, des moments heureux en famille bercés par les orphéons où tout n’est que liberté et détente, Alexandre Pineau excellait à les faire revivre sur la toile avec une belle fraîcheur d’inspiration. Son oeuvre parcourue d’humanité reflète une attention à l’autre ; elle est la mémoire d’un temps révolu où la vie, souvent difficile, n’empêchait pas les fêtes simples.

Alexandre Pineau s’intéressait aussi aux rues animées, à la banlieue, faisait vivre des clowns, évoquait des routes sur lesquelles circulaient des roulottes chaotiques ; tout un univers teinté de populisme (NDRL : au sens littéraire du terme) qui obéissait également à sa réalité picturale. Ses compositions, bien loin du cliché, nous touchent car elles sont sous-tendues de tendresse. Ce peintre généreux a consacré une partie de son temps aux autres : durant 40 ans il a oeuvré au sein de la Fondation Taylor dont il a été le secrétaire général de 1950 à 1970. Chacune de ses toiles se lit comme un poème, réalisée en une écriture exempte de détails superflus et où la couleur esquisse la forme. Parfois une maladresse voulue le rapproche de l’art naïf. On devine son bonheur à travailler une matière nourrie, oscillant entre les gris raffinés et les ocres foncés, pour évoquer les jours d’hiver et les tons lumineux d’une palette qui chante les rouges, les jaunes ardents, les bleus des mois d’été. Issue d’un travail mûri et témoin d’un talent authentique, cette oeuvre nous arrive comme une bouffée d’air frais.

Nicole Lamothe

Magazine Univers des Arts

Alexandre Pineau, Painter, 1893-1970
September 25, 2006
Fondation TAYLOR
1 rue la Bruyère, 75009 Paris
September 7-30
4th floor studio
From 1 to 7 p.m. daily, except Sundays and Mondays
Happy crowds on vacation, joyful moments with the family, the music of a band, freedom and leisure… Alexandre Pineau was a master at bringing these moments to life on canvas, with an inspired freshness.

His work is full of humanity and reveals his consideration for others; it is a reminder of times gone by where life, although difficult, did not exclude simple celebrations.
Alexandre Pineau was also curious about lively streets and suburbs; he brought clowns to life, pictured caravans on chaotic roads. He portrayed a whole populist universe. His compositions, very far from stereotypes, are touching by their understated tenderness.

This generous artist devoted part of his time to others: he spent 40 years working for Fondation Taylor, where he was corporate secretary from 1950 to 1970. Each of his paintings reads like a poem, without any redundant details, color merely hinting at a shape. Sometimes, an intended blunder connects him with art naïf. You can feel his pleasure of working with a rich matter, fluctuating between subtle greys and dark ochres to suggest winter days and bright shades of red, luminous yellows and radiant blues for summer months. His paintings are the result of his maturity and a proof of his indisputable talent. They truly are a breath of fresh air.

Nicole Lamothe
Univers des Arts Magazine

Impressions d’une comédienne

Les peintures d’Alexandre Pineau m’évoquent cette simplicité pleine d’intelligence qui nous permet de nous sentir contemporains d’une époque révolue.

On sent un homme profond et léger qui s’interroge sur le but de la vie. Les saltimbanques nous parlent de légéreté et cependant sont porteurs de cette capacité de se dépasser; le peintre est le relais de ces hommes de l’exploit aux répétitions exigeantes qui offre un fragment d’impossible.

Et puis il nous raconte les champs de course, le billard, récréations de ces hommes des années 60, sorties en vogue un brin « canailles ».

La peinture d’Alexandre Pineau appelle à la vie, il observe ses contemporains et nous retrace les événements de cette société en pleine évolution technologique : l’automobile, les tours de la défense pointent tandis que le passage à niveau rappelle un autre monde.

Où va-t-on ? Sa peinture parle des contrastes : un clown triste en suspension et seul, le dernier voyage en corbillard où seul le chien suit le cortège. Il ose tous les regards, chaque peinture raconte plusieurs histoires, celles de vies, sous des aspects simples ; elles foisonnent d’interrogations : la joie, la tristesse, la vie, la mort, le matériel, le spirituel.

Une vie pleine.

Merci, Monsieur Alexandre Pineau.

Annie TardosImpressions of an actress
September 25, 2006
To me, Alexandre Pineau’s paintings are candid, yet intelligent and allow me to feel like a contemporary of a bygone age.
The man is profound, yet casual, and he questions the purpose of life. Circus performers embody weightlessness and have the desire to outperform each other. The artist is a witness to those dare-devil men who, after demanding rehearsals, provide us with a true miracle.
He portrays the race track, the pool room, popular pastimes for men in the sixties, trendy, although a bit “rowdy”, amusements.
Alexandre Pineau’s painting is a tribute to life. He observes his fellow men and relates the major events of this society in the midst of a technological revolution: the first automobiles, defence towers being built, with railroad crossings reminding us of another world.
Where is he leading to? His work is filled with contrasts: a sad clown all by himself or the last trip in a hearse, with only a dog following the procession. His outlook is daring, each painting tells numerous stories, the story of life in all its simplicity. His work is full of contradictions: happiness and sadness, life and death, materiality and spirituality.
A life lived to its fullest.
Thank you, Mister Alexandre Pineau.
Annie Tardos

Alexandre Pineau, artiste peintre

alexandre-pineau.jpgL’œuvre d’Alexandre Pineau se situe aux frontières d’une certaine forme de l’expressionisme et du populisme, tel qu’on le concevait dans les années 30. Sous les apparences d’une réalité tragique, il nous emmène au delà de l’œuvre peinte, derrière la toile, dans les « coulisses » et nous y fait découvrir la vérité. Une triste vérité où règnent à la fois la tendresse et la brutalité (ou l’indifférence) l’humour ou la douleur, l’exubérance ou la mélancolie ; tous ces sentiments contradictoires qui sont le lot des humbles, des « pas gâtés » par la vie.

Le peintre a su garder la fraîcheur de vision d’un naïf, servie par du métier. La fête foraine, le petit cirque sont les sujets fréquents de ses toiles. Les attitudes des personnages sont toutes naturelles, mais si bien mises en évidence, qu’elles paraissent poussées jusqu’à la caricature. Et quel humour dans certaines scènes, et quelle intuition du merveilleux et de la misère qui habille le cœur du « paillasse ». Sa peinture est surtout « un moyen de raconter », un « art qui le dispense d’écrire ». On peut donc être aussi sensible au récit de Pineau à travers sa peinture qu’à la peinture elle-même.

Il nous raconte les gens des cirques ambulants, les bohémiens, les musiciens de l’orphéon, il le fait avec assez de modestie pour que nous n’éprouvions pas le besoin d’aller au delà de ce récit, avec une suffisante fraternelle sympathie envers ses personnages pour que nous puissions nous laisser simplement émouvoir par eux, par leurs gestes, par leurs visages et par les humbles décors et les objets sans richesse de leur existence.

Il peint le petit peuple de la banlieue, le monde des gens du voyage, ceux qui partent on ne sait où, mais arrivent quelque part sans doute, dans un endroit misérable peut être, mais où ils vont semer la joie, le rire, chez leurs frères, les petites gens des « fortifs » où ils s’arrêtent. Tout cela pourrait sembler dérisoire, miséreux, voire sordide. Il n’en est rien, le couple d’amoureux qui passe, le chien qui suit en frétillant de la queue, l’home qui pousse la carriole sous la pluie, le clown musicien qui ne peut être que triste, tous ceux là sont campés avec simplicité. Ils sont pleins d’allures dans leur modestie. Il aime aussi les courses arrière –moto, le Strasbourg-Paris, les courses de chevaux. La peinture de Pineau, c’est encore une parcelle de ce Paris insolite que l’on ne connaît plus que par les livres ou le cinéma.

Son œuvre est donc particulièrement émouvante, mais elle ne doit pas son charme uniquement à sa poignante poésie. Alexandre Pineau est un assembleur de tons délicats et, à côté de quelques couleurs vives chante le jeu varié des gris. Les couleurs de Pineau sont nettes, sa composition claire et optimiste malgré la misère ou la pauvreté des personnages et des décors. Tachées souvent de couleurs presque acides sous des ciels ténébreux et lourds de nuages –les gris sont raffinés et leurs nuances subtiles –toutes ses toiles sont empreintes de poésie, d’humour aussi.

Populiste, Alexandre Pineau le fut dès le premier jour où ce mouvement de la pensée prit forme et que résumait ainsi le peintre Truchet dans la préface du premier Salon Populiste en 1932: « Nous allons vers ce qui est humain, ce qui vit, ce qui souffre ». On conçoit donc aisément qu’Alexandre Pineau, poussé par sa générosité instinctive, devait apporter sa pierre à cet édifice nouveau.

Alexandre Pineau, Painter
August 26, 2006
Alexandre Pineau’s work is on the dividing line between expressionism and populism, as they were perceived in the thirties. Under the guise of tragic realism, he takes us beyond the work of art, behind the painting, “offstage”, and shows us the actual truth. A gloomy reality marked by tenderness and brutality (even indifference), humour and pain, exuberance and melancholy; a host of contradictory emotions that are the everyday lot of humble people, those who have been spoiled by life.
The artist has kept his fresh naïve perspective, but obviously masters his craft. He frequently pictures carnivals, small circuses. His characters’ attitudes are always natural, but so well portrayed that they seem almost caricatured. And he brings such humour to his scenes, such insight into the wonders and miseries that make up a clown’s life. Above all, his painting is “a way to tell stories”, an “art that saves him from writing”. The stories Pineau tells through his paintings are as fascinating as the paintings themselves.
He talks about artists in travelling circuses, bohemians, band musicians, and he does it with enough humility that we feel no need to go beyond the story, with enough brotherly sympathy for his characters that we are simply touched by them, by their gestures, their faces, their humble background and the simple objects that fill their existence.
He paints the people from the suburbs, the world of travelling entertainers, those who go God knows where, but eventually end up somewhere, often in dismal places, but still spread joy and laughter among their brothers, the modest people of “fortif”, around Paris, where they pitch their tent. This could all seem pitiful, down-and-out or even sordid. But it is not. The lovers walking by, the dog following them, wagging his tail, the man pushing his cart under the rain, the clown who can’t help but be sad, are all pictured with utmost simplicity. They have a definite elegance in their modesty. He is also fond of races, motorcycle races, the Strasbourg-Paris race walk, horse racing. Pineau’s art discloses a fragment of this unusual Paris that we know only through books or movies.
His work is particularly moving, but its charm does not stem simply from its harrowing poetry. Alexandre Pineau is a master at blending delicate hues with a few bright touches, over unlimited shades of grey. Pineau’s colours are clear; his compositions are bright and cheerful despite the misery or the poverty of his characters and his decors. Often highlighted by almost acid colours under dark cloud-laden skies – his greys are refined and their shades are subtle – all his paintings are tinged with poetry and a certain humour.
Alexandre Pineau could be called populist from the very onset of this new thought movement, summarized by painter Truchet in the foreword of the first Salon Populiste in 1932: “The new trend is to portray what is human, living, suffering”. It is therefore easy to understand that Alexandre Pineau, moved by his instinctive generosity, simply had to take part in this new movement.

Alexandre Pineau et la roue de la fortune.

Avant d’être un jeu télévisé à succès, la roue de la fortune est un thème qui a traversé les âges pour évoquer la bonne ou la mauvaise fortune, la chance ou la malchance, le destin, la vie avec ses bons et ses mauvais moments. Alexandre Pineau était très sensible à la succession des bons et des mauvais coups du sort, des hauts et des bas de la vie jusqu’au moment ultime de la mort. Balzac écrivait sur les « Splendeurs et misères des courtisanes », les «Illusions perdues », Alexandre Pineau les peignait. Il s’intéressait à la comédie humaine avec une pointe d’ironie, de l’humour mais aussi une certaine bienveillance.

Dans la plupart des œuvres du peintre, le thème de la roue associé à un moment heureux ou malheureux de la vie apparaît comme une évidence. La vie se déroule comme une succession de choix, le mouvement apporte la nouveauté et la répétition.

Le manège tourne sur lui-même avec les enfants, les chevaux ou le clown. La nostalgie des jeunes années n’est pas loin. Le moulin rose du divertissement accompagne le vent de la mode mais ne bouge pas et le violoniste, l’artiste, est bien seul. Les carrioles et les charrettes dont les roues permettent de parcourir une partie du chemin de la vie à travers les activités du quotidien sont légion. Il faut se résoudre aux difficultés de chaque jour.

Les cyclistes traversent les campagnes pour remporter une victoire ou subir une défaite, un train ramène les vainqueurs de la guerre. La fanfare avec ses instruments aux pavillons circulaires rythme les fêtes. Après son entraînement dans le manège, le cheval de course fait et défait les fortunes des parieurs. Se battre, gagner ou perdre mais avancer malgré les obstacles c’est le quotidien de chacun avec plus ou moins de succès, plus ou moins de bruit, de publicité.

Le cirque et sa piste ronde voient passer les jongleurs et autres artistes au nez rouge dont les voyages sur les routes ne permettent pas de faire fortune. Le guéridon ou la table ronde accueillent des objets symboliques, réunissent des personnages aux prises avec le destin. Un halo lumineux éclaire la scène du billard, encore un jeu, une compétition. Les épées du duel symbolisent la confrontation de deux destins. La vie est décidément un combat. Le corbillard souligne le terme du parcours individuel, de la fortune personnelle.

Alexandre Pineau savait certainement apprécier les moments de bonheur en ayant toujours un œil sur les revers de fortune et il avait compris que pour chaque être humain la roue tourne avec le temps qui passe. Grâce à la roue, au cercle, il exprimait cette succession de moments qui semblent se répéter à travers les existences humaines avec un sens de la distance mais aussi une certaine compassion.

Christophe PavieAlexandre Pineau and the wheel of fortune
August 21, 2006
Before being a popular television game show, the wheel of fortune was a theme that outlived the ages to suggest good fortune or misfortune, luck or hardship, destiny, happy or sad days. Alexandre Pineau was very sensitive to the succession of blows dealt by fate, of life’s ups and downs, right until the moment of death. While Balzac wrote about “The Splendours and Miseries of Courtesans” and “Lost Illusions”, Alexandre Pineau portrayed them. He studied human comedy with a bit of irony, some humour, but also with undeniable compassion.
In most of the artist’s works, the wheel theme is associated with a happy or sad moment of life. Life goes on as a succession of choices, movement brings about novelty and repetition.
The carousel spins round and round, carrying children, horses and clowns. We long for our lost youth. The pink windmill of entertainment turns with the wind of fashion, but it doesn’t move. The violinist and the artist are very lonely. The wheels on sleighs and carts lead us through life and our day to day activities. Every day, we must tackle difficulties.
Bicyclists ride through the countryside to win or lose; trains bring winners back home from the war. Bands add a festive mood with their circular-bell instruments. After warming up in the ring, racing horses make or break bettors’ fortunes. Fight, win or lose, but keep on going despite barriers, this is what we all do, more or less successfully, with more or less noise or public attention.
Jugglers and other red-nosed artists circle the circus ring but don’t make a fortune touring the roads. Symbolic objects are displayed on pedestals and round tables, featuring characters grappling with their destiny. A soft halo lights up the pool table: another game, another competition. The duel swords symbolize the confrontation of two destinies. Life is definitely a struggle. The hearse suggests the end of an individual’s journey, of his personal fate.
Alexandre Pineau certainly knew how to make the most of each and every happy moment by always keeping an eye on setbacks and he understood that the wheel turns for all human beings with the passing of time. With the wheel, the circle, he pictured this succession of moments that seem to repeat themselves throughout human life with some detachment, but also with a definite compassion.
Christophe Pavie

...or browse articles by tags