16 Novembre 2008

L’œuvre d’Alexandre Pineau est imprégnée, débordante de son désir d’être père, de construire une famille avec des enfants. Nous savons, grâce à sa biographie, qu’il a perdu sa première femme et un jeune enfant. Remarié, il n’en n’aura pas d’autre. Le landau passe, roule, d’une œuvre à l’autre, c’est un élément récurrent qui se glisse discrètement dans le décor, qui passe pratiquement inaperçu. On le trouve presque dans une toile sur cinq, parfois comme une ébauche mais aussi souvent accompagné, à quelques pas, d’un ou deux enfants.

Ces enfants, justement, ils sont souvent présentés par deux, en bleu, en rouge ou rose pour signifier le petit garçon et la petite fille. L’archétype de la famille idéale. Ce sont les témoins de la vie qui défile devant leurs yeux : au café, à la gare, sur un chemin et bien entendu sur la place du village en particulier le jour où le cirque prend ses quartiers. Regardez comme ils observent le jongleur, le musicien ou encore le manège. C’est le regard sur la vie de cet enfant de sept ans qu’il a été et qu’il veut peut-être encore un peu rester, lauréat du concours de la Ville de Paris à l’Exposition Universelle.

Le cirque c’est aussi une famille et le lieu où les enfants peuvent sourire, rire et crier dans une atmosphère joyeuse. Ils donnent des couleurs à la toile, ils symbolisent aussi la découverte du monde. Un point de vue différent, une distance nécessaire pour passer les épreuves qui jalonnent tout parcours individuel ou collectif.

Alexandre Pineau a engendré une œuvre, il a également construit et fait vivre une famille dans ses toiles avec les scènes de la vie parisienne, de la vie de campagne ou encore de la vie privée comme Balzac dans ses romans.

Christophe Pavie – Auteur aux puf

Through the eyes of a child

November 16, 2008

Alexandre Pineau’s work is permeated by his dreams of fatherhood, his desire to start a family and have children. According to his biography, he lost his first wife and a young child. He remarried, but did not have other children. Throughout his work, he regularly pictures a baby carriage, rolling by discreetly, almost unnoticed. You can see a carriage in nearly one out of five paintings, sometimes as a mere outline, but often escorted by one or two children, a few steps away.

Children are often pictured in pairs, dressed in blue, red or pink, representing a little boy and a little girl, the epitome of the perfect family. They witness life going by before their eyes: in a café, at the train station, on the road and in the village square, especially on the day the circus sets up its tent. See how they observe the juggler, the musician or the amusement ride. This is how he saw life as a 7-year old, when he won the City of Paris competition of drawings for the Universal Exhibition, and this is the outlook he wishes to maintain on life.

The circus is also a big family and the place where children can smile, laugh and scream in a joyful environment. Children add colour to the painting, they symbolize discovering the world. They bring a different perspective, the detachment required to overcome the obstacles that line any individual or collective journey.
Alexandre Pineau created a work of art, but he also gave birth to a family and portrayed its daily life in Paris, in the countryside or at home, just as Balzac did in his novels.

Christophe Pavie, PUF writer